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Ils ont changé le monde. Les nouveaux dangers sont-ils maîtrisés? |
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| Tremblement
de terre en France .
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1) Erreur de conception Trois ans après le tremblement de terre dans le Sud de la France (Nice-2001), un an après celui dans l'Est (Saint-Dié- 2003), la région de Besançon a été secouée le 23 Février 2004. Il y eu des heures dans le noir, sans électricité; plus tard les maisons furent examinés et les cheminées renversées furent évacuées. Conclusion: "Plus de peur que de mal". En réalité les gens ordinaires devraient voir ce qui donne froid au dos. La photo ci-contre montre des armoires de contrôle et commande de réacteurs nucléaires, inclinées au point que les tôles de protection ne se referment pas.
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2) Complaisance des autorités de sûreté. Ce type d'armoires a proliféré pendant des dizaines d'années, dans dizaines de centrales, car les Autorités n'ont pas fait d'opposition aux défauts de conception pourtant évidents. En 1998 à Fessenheim, certains supports ont cédé et les Authorités ( DGSNR/A-C.Lacoste) ont sous-évalué l'incident, comme si les armoires n'avaient pas un rôle permanent dans la sûreté des réacteurs. En 2002, je me suis plaint au Président de la République et j'ai demandé une photo montrant l'allure du matériel. J'en ai conclu qu'on ne peut vraiment pas faire confiance aux Autorités. Les intérêts sont énormes - 80% de l'électricité française vient du nucléaire; quand les anomalies sont embarrassantes, le silence est imposé par tous les moyens, comme illustré par le sujet : "Sanctions au lieu de l'application des règles de sûreté" |
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3)Préserver le système Les sanctions ne frappent pas les responsables. Le système est ainsi préservé et les irrégularités prolifèrent, défiant l'accident. (T. Fronte) Ci-contre, armoire d'automatismes pour controle et commande
du réacteur nucléaire; le matériel ne tient pas debout et pourtant il
est conçu pour resister au tremblement de terre. |
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ANNEXE Lettre au journal LE MONDE Objet: V/article "Manque de rigueur dans la sûreté nucléaire" daté 30/3/01
Messieurs, Un article du 30 mars 01 présente le bilan que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dresse tous les ans au sujet des centrales situées en France. L'accent a été mis sur la vigilance et la nécessité de rigueur. A qui s'adresse cette recommandation? Tous doivent faire preuve de diligence, du simple salarié jusqu'au directeur de la sûreté. Cependant les protagonistes ne sont pas égaux face à leurs obligations. Pour éviter déboires et malentendus il y a lieu d'apporter des précisions. La vigilance et la rigueur ont un coût, surtout si le traitement des problèmes implique l'immobilisation ou la modification des installations. Les objectifs de rentabilité font aussi l'objet de vigilance; le conflit entre la technique et la gestion est arbitré au sein des entreprises suivant des rapports de force qui ne sont pas forcément en faveur de la sûreté. La personne qui côtoie et détecte les lacunes techniques a souvent le statut de salarié; en France ce statut est très vulnérable au plan professionnel; même dans le domaine des matériels classés au plus haut des exigences de sûreté nucléaire, rien ne peut empêcher l'employeur d'appliquer les procédures disciplinaires au lieu de celles techniques; le licenciement pour insuffisance professionnelle est une décision strictement unilatérale de l'employeur, sans parade pour le salarié; la discrétion est assurée par le secret professionnel qui expose le salarié à des peines de 10 mois de prison et 100 000 Fr (15 245 Euros) d'amende. La seule voie de recours est l'action prud'homale, mais cette juridiction est spécialisée dans les conflits d'intérêts et les règles de sûreté nucléaire peuvent être négligées ; au bout du compte, quelque soit l'issue d'un procès, le salarié se retrouverait rejeté d'une profession qui n'apprécie guère la transparence. Donc, avant de faire preuve de vigilance et de rigueur dans l'accomplissement de ses obligations, le salarié a tout intérêt à évaluer les conséquences. Pas étonnant si des anomalies persistent pendant des années et ne sont traitées qu'à la suite d'incidents ou dégradations très avancées. Considérons à titre d'exemple un cas de tenue au séisme qui est maintenant du domaine publique; il s'agit des fixations des armoires électriques importantes pour la sûreté. Pendant des années même un profane pouvait voir que ces fixations étaient inadaptées car certaines armoires penchaient visiblement avant même d'être soumises à la moindre secousse sismique. Pour instruire le problème il a fallu qu'en mai 97 on constate la rupture spontanée des fixations à Bugey . Pourquoi les contrôles de ces fixations sont restés inopérants au stade des études, de la fabrication, des essais, de l'installation, de la maintenance... sur une cinquantaines de centrales? L'ampleur de la réparation n'explique pas tout; il s'ajoute un manque de rigueur cautionné par l'Autorité de sûreté. Dans la revue Contrôle l'ASN a déclaré que "ces anomalies n'ont pas de conséquence immédiate sur la sûreté des réacteurs". Evidemment c'est contestable et fort contraire à la réglementation applicable; en effet, quand un séisme survient il ne laisse pas de temps pour réparer les lacunes; le matériel qui ne remplirait pas ses fonctions de sûreté représente un danger immédiat et permanent, car le séisme est imprévisible et peut frapper à tout instant. L'ASN a répété ses déclarations irrégulières dans de nombreux numéros de la revue Contrôle publiés en 98 et 99, au point que l'exploitant des centrales, EDF, les a adoptées comme légitimes et à son tour a déclaré dans la revue RGN que ces anomalies " ne présentent aucune conséquence immédiate pour la sûreté de l'installation". Ce genre de position officielle disqualifie les principes techniques et réglementaires applicables aux différents niveaux d'activité. Un subalterne ne peut s'opposer aux déclarations qui émanent du sommet de la hiérarchie; en cas de conflit il ne peut compter sur l'Autorité de sûreté et doit au contraire en appréhender les absences et les avis aberrants. En matière de sûreté nucléaire, la vigilance et la rigueur doivent être envisagées avec les modalités d'application. Tout se révèle vain et trompeur si le sommet des organisations ne donne pas le bon exemple et se limite à des affirmations . Veuillez agréer, Messieurs, l'expression de mes sentiments les meilleurs. T. Fronte
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